
L’église de Saint-Félix-de-Pallières, placée à mi-chemin entre Anduze et Monoblet, offre un plan original.
Elle est bâtie selon un plan triconque avec ébauche de transept.Au lieu de s'inscrire dans le mur est des croisillons, comme dans le plan languedocien, les absidioles empâtées sont logées à l'extrémité de chaque croisillon à l'intérieur du mur parallèle à la nef. L'église dont elle se rapprocherait le plus en ce qui concerne le plan serait celle de Saint-Pierre de Rhèdes.
À l'image de l'église voisine de Saint-Etienne de Tornac, avec laquelle elle était reliée directement par une ancienne draille, l'église de Saint-Félix-de-Pallières est construite en calcaire oxfordien des carrières de la Madeleine.
L'abside de Saint-Félix est ornée, à l'extérieur, de triples arcatures appareillées bandées entre des lésènes s'appuyant sur un soubassement. Elle est couronnée d'une frise de dents d'engrenage et d'une corniche avec bandeau et demi-rond.
L'intérieur a été remis en état vers 1970, ce qui permet d'apprécier les cinq arcatures aveugles qui agrémentent l'abside. Leur intrados est séparé de la corniche du cul-de-four par une mince assise. Elles retombent sur des colonnettes qui redescendent jusqu'au sol. Les colonnes engagées de l'arc triomphal et de l'arc doubleau portent des chapiteaux trapézoïdaux aux angles abattus. La travée de choeur est bien plus basse que la nef, ce qui a permis au maître d'œuvre d'ouvrir une baie dans le mur triomphal.
Saint-Félix-de-Pallières, dont on peut fixer la construction aux alentours de 1100, bénéficie d'un environnement choisi grâce au parc et au château construit au XVIIe siècle par la très vieille famille des Grégoire des Gardies.
Pierre A. Clément, Églises Romanes Oubliées du Bas Languedoc, Les Presses du Languedoc
(Les E.V.N.I du diocèse de Nîmes : les églises non identifiées)