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Saint-Michel de la Cadière

 

L'église de Saint-Michel de la Cadière occupait un emplacement privilégié à un passage obligé de la route des Ruthènes et au débouché des gorges de l'Argentesse. Un très vieux puits, à l'eau abondante et fraîche, creusé au fond de la nef, conforte l'opinion de l'abbé Goiffon selon lequel elle aurait succédé à un temple antique ou à un « sacellum ». Ne serait-il pas le « Saucellis » mentionné en 1230 par le cartulaire de Maguelone et devenu aujourd'hui les Sauzils ?

Saint Michel de La Cadière

Le plan de Saint-Michel de la Cadière se rapproche de celui de Saint-Félix-de-Pallières avec son ébauche de transept, mais il faut parler plutôt de niches que d'absidioles pour les alvéoles inscrites de chaque côté.

L'église de la Cadière est bâtie en calcaire du lias extrait d'une carrière ouverte dans la colline qui abrite le village du vent du nord. Cette pierre froide a été parementée à la massette et elle a pris une patine gris foncé.

Les trois fenêtres sont traitées de façon différente. La baie axiale se caractérise par son double ressaut tandis que la baie sud de la première travée est la seule du type en meurtrière. Deux portes avec linteau et tympan s'ouvrent dans le mur sud.

A l'intérieur, la voûte de la nef, effondrée entre 1560 et 1611, époque où le village s'était converti en totalité au protestantisme, a été reconstruite au XVIIe siècle.

La première travée, plus longue que la deuxième, est originalement pourvue de deux arcs engagés juxtaposés. Celui qui s'appuie sur l'imposte plaquée contre la façade est plus étroit et plus bas que celui qui s'appuie sur le dosseret et la colonne engagée qui portait autrefois le doubleau. Les deux colonnes sont surmontées d'un chapiteau à corbeille cubique dépourvu de sculpture.

La corniche de la nef est moulurée en demi-rond, ce qui est une belle per­formance technique eu égard à la difficulté de tailler le matériau local.

Le XIXe siècle a été sans pitié pour l'église de la Cadière qui a été affublée d'une tour en 1821, d'une sacristie en 1853 et d'un clocher en 1875. L'esthétique élémen­taire voudrait que ce très plaisant édifice soit au moins opéré de l'excroissance représentée par la sacristie.

Pierre A. Clément, Églises Romanes Oubliées du Bas Languedoc, Les Presses du Languedoc
(Les E.V.N.I du diocèse de Nîmes : les églises non identifiées)

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