L'église de Saint-Vincent du Cros a longtemps été considérée comme une fondation d'Aniane à cause d'une confusion avec le prieuré de Saint-Vincent du Cros à Cornillon qui était une dépendance de Goudargues. Elle s'élève au sommet d'un éperon qui contrôlait la haute vallée du Vidourle. Elle s'accompagne du cortège rituel de micocouliers avec, en prime, un très haut laurier.
Cette chapelle, qui ne comporte pas de travée de chœur, a été l'objet de réparations importantes. La partie centrale du chevet et le mur triomphal ont été refaits. Ainsi, de son ancien feston décoratif, l'abside n'a conservé que trois arcatures appareillées au sud et un tympan en demi-lune au nord.
Cette ornementation et le dessin lombard des archivoltes des deux baies méridionales et du portail occidental à triple ressaut incitent à dater cet édifice à la fin du XI' siècle, tandis que Conqueyrac et Ceyrac seraient plus tardives d'une dizaine d'années.
A l'intérieur, la séparation entre le sanctuaire et la nef est nettement marquée par un arc triomphal à double rouleau.
La corniche simplement biseautée se retourne au droit des pilastres de l'arc doubleau.
Les appuis des arcs engagés sont constitués par des culs-de-lampe rudimentaires le long des pilastres de l'arc triomphal et par des piliers partant du sol le long des pilastres médians et le long du mur du fond. Ce dispositif insolite dans les basses Cévennes paraît être repris sur les églises du littoral.
Pierre A. Clément, Églises Romanes Oubliées du Bas Languedoc, Les Presses du Languedoc
(Les églises du chapitre de Notre-Dame de Nîmes)